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  Dossier : Le démembrement de la parenté.
La société recomposée
 
 

Après Dolly, l'« effet Dolly »

Dominique Folscheid


Quand la brebis Dolly avait fait son entrée de top model biologique sur notre scène médiatique, en 1997, elle avait déclenché une éruption d'imaginaire comme on n'en avait pas connu depuis la naissance de Louise Brown, premier « bébé-éprouvette » de l'histoire. À croire que si le Petit Prince de Saint-Exupéry revenait parmi nous aujourd'hui, il ne demanderait plus qu'on lui dessine un mouton mais plutôt qu'on lui en clone un.
L'humour écossais dont les pères putatifs de la célèbre brebis avaient paré l'animal n'y était sans doute pas pour rien. Dolly, en anglais, signifie « poupée », ce qui renvoie aux créatures de synthèse des petites filles comme aux vraies femmes de nos affections. Mais Dolly, c'est aussi le prénom de la chanteuse Dolly Parton, aussi connue pour sa poitrine avantageuse que pour ses prestations vocales, ainsi investie d'une fonction iconique analogue à celle que Pamela Anderson remplissait côté sexe -- de quoi introduire un supplément de trouble dans un champ apparemment bien différent, mais qui aurait dû nous inciter à établir un lien. Les promoteurs de l'expérience n'avaient probablement pas cherché si loin : il leur suffisait que la brebis soit génétiquement issue d'une glande mammaire. Il n'en demeure pas moins qu'en procédant de la sorte, on avait plutôt incité le public à voir la femme derrière la brebis que la brebis derrière la femme.

 

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Nb : la totalité de cet article est disponible dans la version papier de Cités.